יום שלישי, 16 ביולי 2013
פנחס שדה בתל אביב
יום שלישי, 8 בינואר 2013
UN ROI MAROCAIN in AMAZON
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"UN ROI MAROCAIN" est une piece de theatre qui a recue le "Prix Lieber de la dramaturgie juive classique" de la part de l'Universte de Tel aviv, et aussi l'llocation d'encouragement du film israelien de la part du Ministre de la culture. "UN ROI MAROCAIN" a ete montee au Theatre national HABIMA a Tel Aviv et aussi a Paris et a Montreal.
Synopsis
Le Messie rode quelque part, aux alentours du village ou dans ses rues- telle est la rumeur qui se propage un beau jour parmi les juifs de Sefrou, une bourgade marocain.
Les poetes de la ville, qui gardent precieusement le secret, montent sur les toits pour enforcher un nuage qui les transportera a traver l'espace jusqu'a Jerusalem. Si le Messie est dans la ville- on peut voler sur un nuage- dit une vielle croyance- les poetes retombent et s'ecrasent au sol.
La question de savoir si le Messie est la et comment le reconnaitre devient une question de vie et de mort pour la communaute toute entiere.
Si l'on identifie le Messie l'epidemie s'arretra.
Un tournant brutal a lieu lorsque le dernier poete de la ville, Yonatan, soupconne qu'il est lui meme le Messie et s'engage a le prouver en s'envolant.
L'epidemie reprend de plus belle. Des Messies en grand nombre sautent des toits et meurent.
Le rabbin et le bedeau tentent de lutter contre le nouveau fleau, mais celui-ci les emporte.
Eux non plus ne peuvent lui echapper. et on les surprend sur les toits en train d'essayer de voler.
Est ce que Yonatan est le Messie? Est ce qu'il volera?
Est ce qu'on va trouver le messie avant la disparition de toute la ville?
Est ce que la ville va s'onvoler ou s'ecraser?
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Amitie
Gabriel Bensimhon
יום שבת, 5 בינואר 2013
A WOMAN WITH THREE BREASTS- Women in the Cinema of Federico FELLINI
יום חמישי, 3 בינואר 2013
"Le jardin des delices marocains- Histoires d'amour"
יום רביעי, 2 בינואר 2013
"A MOROCCAN KING" in AMAZON
יום שלישי, 1 בינואר 2013
"The Garden of Moroccan Delights- Moroccan Jewish Love Stories"
יום ראשון, 23 בדצמבר 2012
Walking upon the Waterr- in AMAZON
יום ראשון, 9 בדצמבר 2012
עמיר פרץ והזיוף הגדול של הטלויזיה
יום שבת, 22 בספטמבר 2012
מכתבים לנורית- פרק מרומן לפני פרסום
יום רביעי, 4 באפריל 2012
Les femmes du mellah de Sefrou
Gabriel Bensimhon
En vérité, moi, je préfère le jeudi. Les rondeurs qui apparaissent alors entre les nuées de vapeur sont plus douces et plus parfumées.
Les fesses de la fille du boulanger ressemblent vraiment à une pomme.
Les seins de la fille du marchand de vin sont une pomme dans une poire surmontée d’une cerise noire. Tous les fruits de saison en un seul.
La poitrine de la nouvelle élève de maman est comme un amandier en fleur.
Le vendredi au hammam avec papa ? Qu’est-ce que j’ai à voir là-bas que je ne vois pas à la synagogue ? Qu’y a-t-il à voir chez le marchand de couleurs, ou le marchand de glaces, ou le marchand de bonbons? Tout ce qu’ils ont, je l’ai aussi.
Le hammam le jeudi soir est un paradis qui se cache dans le brouillard, plein de fruits secrets et de créatures inconnues.
Beaucoup de gros seins, de petits, de cuisses, de hanches, une seule grande femme aux mille seins.
Les murs épais dégoulinent d’eau, le sol est glissant, on entend le bruit de l’eau et le rire des jeunes filles.
Entre les rubans de brouillard apparaissent des parties de corps que j’essaie d’assembler pour en former un entier.
Je réussis à reconstituer le corps de la femme du rabbin, Esther Ovadia, à la forte poitrine et aux larges reins, et à relier les fesses et les jambes de la mince Gracia, la femme du bedeau.
Voici les courbes de la svelte jeune fille du seigneur Toubali. Et voilà les parties du corps brun de la rieuse servante arabe qui lui lave le dos.
Ici les seins chocolat de la voisine Hanna Oliel qui s’est fiancée cette semaine avec l’oncle Matatia, et là ceux de Massouda, la femme du boucher Ayouch, qui ont l’air de cruches d’Ouarzazate décorées, dont l’ouverture est toujours peinte en noir.
Ces deux seins basanés sont ceux de notre voisine, Rivka Sisso. Tout le monde murmure à son sujet qu’elle a fait l’amour avec le légionnaire au travers des barreaux de la fenêtre. Et voici les jambes de gazelle de tante Ytto, la femme d’oncle Berto, teintes au henné selon le modèle d’une chaussure brodée, et ses mains aussi sont teintes comme des gants ajoures.
Voilà les cheveux de Zkora, la seule rousse de la ville. Mille taches de rousseur parsèment son corps, et elle lave sa petite grand-mère, qui a déjà perdu toutes ses couleurs. Chez Zkora, je peux même voir un grain de beauté brun près de son téton droit et aussi entendre son corps plein de sève menacer d’asperger de miel et de lait toute la ville.
Parfois j’aime mélanger et mettre les seins d’une Juive avec le visage d’une Arabe et le visage d’une jeune sur le corps d’une vieille. Ou un petit sein et un gros sur un même corps. Maintenant je vois en face de moi la femme avec trois seins et deux langues.
Et celle-ci avec sa crinière dans le dos, c’est une femme jusqu’à la taille et de la taille en bas c’est un cheval. Celle-là près du Mikvé, moitié supérieure femme, et moitié inférieure homme. Et celle-ci sous la lampe, elle est mi-femme mi-dieu.
Tout le mellah est mi-femme mi-dieu, mi-hammam mi-synagogue. Même dans les ruelles, quand elles sont vêtues, je vois tous leurs trésors sous leurs robes. Et je m’étonne qu’elles soient si sérieuses, comme si elles oubliaient complètement ce qu’elles ont sous leurs vêtements.
Je suis l’enfant de toutes. J’ai trois ou quatre ans. Toutes me caressent et m’embrassent. Voici que maintenant Yakout, la jeune sœur de ma mère, me savonne. Sa main douce et tendre glisse sur ma peau, et ses doigts se faufilent dans toutes sortes d’endroits de mon corps dont j’ignorais l’existence. Cela me chatouille et je ris, je ris vraiment aux éclats, mon regard plonge dans ses yeux bleus, et elle aussi éclate de rire. Ensuite elle me rince à l’eau chaude, je ne vois plus rien, j’essaie de me tenir à son corps et je glisse, j’ouvre un œil, je lui arrive aux cuisses, j’essaie de m’accrocher à un rebord et je retombe. Je lui savonne le dos de ma petite main qui se perd et disparaît dans toutes sortes de cachettes étranges et chaudes et je vois les cerises de sa poitrine qui grossissent et s’épanouissent devant mes yeux. Je voudrais les cueillir mais elles sont trop hautes pour moi.
A chaque fois, le hammam devient pour moi plus mystérieux et les femmes plus fascinantes, leurs fruits moins compréhensibles et plus étonnants.
A l’âge de cinq ou six ans, je ne vois pas vraiment les visages, seulement les fesses et les cuisses. A l’âge de six sept ans, j’arrête de les regarder droit dans les yeux, mes membres se durcissent, les regards sont un peu gênés, les amies de maman ne me caressent plus que le visage et la tête.
Mais maintenant je vois tout le hammam à la synagogue lorsque je chante le Cantique des cantiques le vendredi soir, et elles sortent une à une de l’Arche sainte, riant et me chatouillant, et moi j’éclate presque de rire.
Quand je dis : « Je monterai au palmier, j’en saisirai les branches, et tes seins seront comme des grappes de raisins et ton souffle parfumé comme les pommes », je vois un verger de femmes, les pieds dans la terre, la tête dans le ciel et moi je grimpe aux branches, cueille les tétons et mange. Pendant la prière, je sens les odeurs de savon, de parfum et de henné.
Ça n’est pas pour rien que je veux tout le temps voir les vasques de Hechbon, les chèvres descendant les pentes de la montagne de Gilaad et les gazelles de la Terre d’Israël, parce que des seins, j’en ai vu beaucoup, mais des gazelles, jamais. Et il m’est difficile de comprendre le verset : « Tes deux seins, deux faons jumeaux d’une gazelle ». Est-ce que les seins de Zohra Tapiro sont comme ça ? Des êtres comme des gazelles avec une bouche, une langue et des yeux ? Peut-être ont-ils aussi des pattes ? Peut-être parlent-ils aussi ?
Au hammam on peut comprendre ce qu’est Jérusalem et la Terre d’Israël, comme ce rabbin qui s’est trouvé par hasard dans la ville de Bné Braq et qui a vu des chèvres broutant sous un figuier. Le miel coulant des figues et le lait gouttant du pis des chèvres se mélangeaient, alors il a compris ce que signifiait « ruisselant de lait et de miel ».
Si mon maître, monsieur Bouzmima, m’avait expliqué comme cela ce qu’était la Terre Sainte, qu’on appelle la terre de la gazelle, il n’aurait pas eu besoin de crier et de me frapper la plante des pieds avec une branche d’olivier. Il aurait simplement dit : « La Terre d’Israël est comme la poitrine de Zohra Tapiro » et j’aurais compris. Ou bien il nous aurait emmenés au hammam, nous aurait montré ce qu’il fallait et aurait expliqué. Dommage qu’il n’ait pas de mère qui l’emmène au hammam.
Le vendredi avec les hommes, ça n’est pas la même chose. Même au hammam ils se préoccupent des règles et des lois du « Choulhan harouh », du « Yoré déa » et du « Hochen michpat ».
Celui qui vient d’épouser une vierge est-il obligé de réciter le Shema, la prière du coucher, ou bien en est-il dispensé ? Parce que s’il n’a encore rien fait, il reste taraudé par ses pensées et il n’est pas bien de mélanger le pur et l’impur.
Et que doivent faire deux personnes qui dorment nues et s’enveloppent d’une même couverture, leurs corps se touchant ? Est-ce qu’ils diront la prière du coucher, puisque le contact de leurs corps peut éveiller leur désir, etc.
Au lieu de s’occuper de leurs corps, ils s’occupent de leurs têtes. Tout est toujours sérieux. Comme s’ils étaient habillés même quand ils sont nus. Ils retirent leurs vêtements et s’affublent de masques.
Les femmes, elles, se libèrent complètement. Les robes tombent et les seins se déploient comme des ailes, les cuisses bondissent, tout tinte comme des fruits juteux sur les arbres du jardin.
Pendant la semaine, elles sont penchées sur le métier à tisser, travaillant sans fin leur tapis de mariage, brodant encore et encore les robes et le linge de lit de leur trousseau. Le temps ne passe pas, l’endroit ne change pas.
Le jeudi, avant le chabbat, tout est en mouvement. Tous les instincts se libèrent, tous les silences se brisent, tous les rires éclatent, le corps s’élance hors de ses vêtements, sans maquillage, sans coiffure, sans foulard, sans voile. Tout est en désordre, soudain les seins délivrés deviennent des ailes, la langue libérée est comme dédoublée, amplifiée, et s’emballe : qui est morte, qui accouche, qui se marie, qui devient veuve, qui a fini un tapis, qui un chandail, qui a voyagé jusqu’à la Terre d’Israël et qui en est revenu.
Et moi je m’enivre des fruits du jardin comme dans le verger de grand-père Haïm, avec ses noisetiers et ses fraisiers, quand Hrazem monte, secoue les branches et nous, nous ramassons les fruits et mangeons.
Je regarde les cerises qui sont sur la poitrine de celle-ci. Et les noisettes de celle-là, et les fraises de cette autre, mais c’est encore trop haut pour moi. Je leur arrive à peine à la taille mais j’aime bien flâner autour de chaque arbre agréable à la vue et bon à manger. Je ne distingue pas le bien du mal. Des sources et des rivières jaillissent et arrosent le jardin.
Et soudain – catastrophe.
Au loin, d’entre les nuages de vapeur, sort une vieille toute ratatinée, sa peau est ridée et sa poitrine pendouille jusqu’à sa taille. Elle regarde en colère le jardin fleuri, comme si elle était une messagère de l’enfer. Ça n’est pas la première fois que je la vois.
De temps à autre, elle jette un coup d’œil entre les nuages, comme venue d’une autre époque, pour réprimander une femme qui aurait trop rit, ou faire taire, ou menacer. Jamais elle n’a souri à quelqu’un ou dit un mot gentil. Et voilà que maintenant, alors que je me tiens près de maman et que je regarde mon paradis, elle surgit du brouillard, me désigne d’un doigt accusateur et crie : « Voyez ce qui lui arrive ! C’est déjà un homme ! Regardez donc ! Jusqu’à quand ? » Et elle montre mon membre dur et dressé dans sa direction tel une branche de cerisier et toutes rient et voient ce que j’essaie de cacher sans y parvenir.
C’est comme cela que j’ai été chassé du paradis et que je n’y suis jamais retourné, et personne, pas même ma mère, ne m’a protégé de cette vieille effrayante. Dites-lui que je suis l’un des vôtres, que je fais partie de la famille, que je ne suis pas un étranger. Que je suis l’enfant de toutes. Oui, je suis l’enfant de toutes ! Pourquoi m’expulser de là ? Pourquoi me fermer la porte ? Ouvrez ! Ouvrez ! C’est moi ! Moi !
יום ראשון, 20 במרץ 2011
ROI MAROCAIN dans YOU TUBE
http://www.youtube.com/watch?v=K3fg6rga2ss
Ma pièce de theatre "Roi Marocain" a été présenté au Théâtre National Habima à Tel Aviv en 1980.
Le lien à S.M. Mohamed V est peut-être au niveau subconscient parce que, Mohamed V a lui aussi apporte le salut au peuple marocain.
l'histoire du Maroc avant Mohamed V etait dure et cruelle. Trop nombreux rois échangés dans une période trop courte, ce qui a cree un état d'anarchie que le colonianisme l'ait utulise pour asservir le peuple Marocain. Mohamed V a fait un grand sacrifice personnel pour restorer l'indépendance et la dignité des Marocains - Juifs et Arabes.
Mon "Roi Marocain" est un roi juif qui venait de racheter le peuple juif de l'exil et de lui permettre le retour en Israël son pays natal, après deux millénaires d'exil. Ce roi est un marocain de naissance et de culture, mais son origine est juif . Il n'est pas un Juif européen de la Pologne ou de l'Allemagne, mais un Juif du Maroc avec les valeurs de la culture marocaine: l'imagination, la fantaisie, le respect, l' amour et la foi. En fin de compte - la «folie» collective d'une telle communauté qui est prêt à sauter des toits pour l'amour de la patrie avec la surtee que la foi et l'unité pouvaient vaincre la nature et leur permettre de voler sur les nuages a Jerusalem - Cette «folie» ne pouvait pas exister dans une société occidentale, mais seulement dans une societe orientale simple et, innocente comme la societe juive au Maroc.
Veuillez trouver ci-joint le link pour un extrait de la piece.
http://www.youtube.com/watch?v=K3fg6rga2ss
Gabriel Bensimhon
יום שבת, 6 בנובמבר 2010
הסרט על גבריאל בן שמחון ובנו יונתן
הסרט נעשה בעקבות ובהשראת כנס אסווירה שנערך במרץ השנה בנושא ההגירה היהודית ממרוקו ושבו השתתפתי גם אני.
הגבור הראשי בסרט היא מרוקו, היופי שלה ושל אנשיה והאהבה ההדדית בינה ליהודיה. אלה שנולדו בה וגם ילדיהם וצאצאיהם שנולדו בחוץ
אני מקווה שהאהבה הזאת עוברת יפה בסרט וכי הסרט השלם (60 דקות) יחזק את הקשר בין שני העמים.
גבריאל בן שמחון
Veuillez trouver le "link" pour quelques minutes de mon dernier film documentaire "Le film sur
Gabriel Bensimhon et son fils Yonatan".
Le film est une description d'un voyage exceptionnel au Maroc du temps juif par un père qui est ne a Sefrou et a immigre en Israël et son fils qui est ne a Tel Aviv et fait sa première visite dans le pays de ses ancêtres.
Le film a été inspiré par le colloque d'Essaouira sur "Migration, Identité et modernité au Maghreb" qu'il avait lieu en Mars derniere.
Le Maroc est le héros principal du film, sa beauté et son peuple, Le film reflet l'amour mutuel entre le Maroc et les juifs. Ceux qui sont nés la et aussi leurs fils et leurs descendants nés à l'extérieur.
J'espère que cet amour "passe' a travers le film et que le film complet (60 minutes) peut renforcer les relations entre les deux peuples.
Gabriel Bensimhon
http://www.youtube.com/watch?v=4CP4di_7RUQ
יום שישי, 5 בנובמבר 2010
מה הים רוצה לומר?
הדיגים עם החכות לא מחפשים את הדג. הם מחפשים את הים וכשתופשים דג הם נראים כמי שתפשו ים, לוקחים את הים הביתה ואוכלים אותו.
האם הים רואה אותך? האם הוא שומע אותך? הוא עסוק בעבודת יומו. תן לו. אל תפריע לו. הוא בכל זאת מחויב , זאת עבודה שהוא עושה מאז ומעולם וימשיך לעשות מעתה ועד עולם, אז תניח לו, אם לא ישים לב אליך לרגע, יש לו משימה חשובה ומוטלת עליו אחריות. זה לא מרצון רע שהוא לא שם לב אליך. כשימלא את מכסת יומו, הוא בטח יפנה אליך.
אה, הוא עוד לא פנה? אז חכה, עמוד והבט בו, זה תענוג להביט בו ולראות איך הוא שקוע כל כולו במשימה, נותן את עצמו בלי שייר, בלי להאט את הקצב, בלי לפגר, בלי לנוח. כל הזמן רוחש לוחש, רוצה לומר משהו, מפציר כל הזמן שישמעו אותו, אך איש לא שומע. מה הוא רוצה לומר? איש לא יודע. אולי גם הוא לא יודע, אף אחד לא טורח לפענח את שפתו. למה שיטרחו? הוא לא חבר הסתדרות, הוא יותר מדי עצמאי ובלתי תלוי, מתנכר אפילו לשמים מעליו, עובד לבד, בלי לנוח, מי מקשיב? מי מבין? אולי הוא צועק, אבל איש לא שומע.
מה אני שומע אותו אומר לי? החיים לא מובנים מאליהם. כמו שבאו בלי לשאול אותך, כך זכותם ללכת בלי לשאול אותך. השתדל לשאול אותם מה הם רוצים.
יום רביעי, 3 בנובמבר 2010
דיווח יומיומי על מצב הים
אם אתה מרגיש שהם מלכלכים את העולם, משחיתים אותו, מעוותים אותו, מזייפים ומשפילים אותו ולבסוף גם מכבים אותו- בוא לשמוע דיווח יומיומי על מצב הים.
אם אתה רוצה להתחיל את היום בחיוך כחול, באימון באדם ובחיים, להוסיף טיפת מתיקות ליומיום שלך - בוא אל הים.
הים שמביא לך בוקר טוב גדול, שנותן את עצמו בשפע ונדיבות, אופטימי, פשוט, גלוי, שקוף מבטיח את הנצח, את האתמול והמחר, ים של זמן.
מופיע כל בוקר רחוץ, רענן, חדש, תינוק שנולד, ללא זכרון, שולח גלים אין ספור לטהר את החוף , להציב דוגמה: ראו אותנו, היו כמונו.
הנה הוא נוגע קלילות ברגלי היחפות להודיע: אני פה. לא רוצה להעיר אותך ממחשבותיך, עדין, מתחשב, ידידותי, כמו כלבלב קטן מתחכך ברגלי , מבקש ליטוף, מחפש חום, ידידות.
הנה אני נכנס לטבול בו, משתכשך במימיו והוא מקבל אותי בחיבוק גדול, מלטף, אוהב, ...
תלכו לים, הוא לא משקר. אפשר לבדוק את ההסטוריה שלו. מליוני שנים. הוא אותו ים, לא משתנה, אמין ונאמן, אמיתי, ישר, שקוף, טהור, שקט, גם הקול שלו רגוע, מלטף. מה הגלים אומרים? הם מנסים לרקום מנגינה? לא, הם המנגינה. הם חוזרים וחוזרים על אותו תו בלי לשעמם, בלי להשתעמם.
הים תמיד התחלה. בלי עמים וכיתות ודתות. ישו לא הלך על פניו, משה לא חצה אותו ולא הלך בחרבה וגם פוסידון לא טלטל אותו בקלשון. הוא היה לפני כולם ויישאר אחרי כולם.
ספרות שאינה ים לא שווה להיכתב
מוזיקה שאינה ים לא שווה להשמע
ציור שהוא לא ים לא שווה לראות
קולנוע שהוא לא ים לא שווה לצפות בו.
אהבה שהיא לא ים לא שווה לאהוב.
הים הוא הספרות, המוזיקה, הציור, הקולנוע והאהבה בטהרתם
אתה לא רוצה ממנו כלום. הוא לא רוצה ממך כלום.
אתם רק מודדים זה את זה במבט ומחייכים. או שלא.
יום ראשון, 9 במאי 2010
Dieu est parfois une femme
Par Gabriel Bensimhon
Quand j’arrive a Paris je m’installe dans l’un des hôtels près du Luxembourg. C’était mon quartier du temps de mes études à la Sorbonne et je lui reste attaché d’amour profond comme s’accroche un homme à sa jeunesse. Le Jardin royal d’une part avec ses arbres , ses fleurs , ses jets d’eaux et, de l’autre, les cafés, les librairies, la Sorbonne et la Seine , que peut-on souhaiter d’autre ? Après tout j’ai mon café où tout m’est familier, les garçons, les gens, les odeurs et les couleurs. J’y ai ma table habituelle où je bois mon café, assis face à mon cahier et parfois je pense : voila, en fin de compte, tout ce qu’un homme recherche dans la vie , une petite table, un petit espresso, un point c’est tout.Quand je me lasse et veux remuer mes membres, je vais faire un tour au Jardin du Luxembourg et si l’envie me vient de m’éloigner encore, je descends à la Station de Metro Luxembourg d’où je peux gagner en quelques minutes tout point dans Paris.
Je décidai de l’appeler sur le portable. Bon…, mais que dire à une jeune fille dont je ne savais pas même le nom ? J’avais cherché le silence, à m’isoler dans quelque café anonyme mais soudain apparaît quelqu’une aux levres pleines et te fourre un preservatif dans la main, et, avec un preservatif en main, tu peux écrire, toi ? Je ressortis la carte de visite qu’elle m’avait laissée, je la regarde enfin, et zut ! ce n’est pas sa carte personnelle mais celle d’un restaurant dans le Marais.Elle y aura mangé avec des amis, la carte se sera glissée parmi ses papiers et c’est par erreur qu’elle me l’aura remise au lieu de la sienne. Le contact est coupé, une porte a peine entrouverte s’est fermée. Je ressentis soudain le besoin très fort de la trouver, mais comment faire ? Je peux appeler le restaurant, mais même son nom, je ne le sais pas. Et disons même qu’ils se rappellent son visage – il n’est pas facile à oublier – une épaisse tignasse, un visage juvénile et sensuel, la bouche de Merlin Monro et les lunettes de Trozky , mais qui sait quand elle a été là-bas ? Et les restaurants gardent-ils donc trace de tous les clients?
Il y a quelques années j’arrivai très tôt le matin à Corinthe, la ville où grandit le Roi Œdipe jusqu‘à ce qu’il apprît brutalement qu’il n’était qu’un fils adoptif. Les vestiges de la ville étaient couverts de brouillard et on n’y voyait guère que des fragments de ruines, des morceaux de colonnes et de chapiteaux corinthiens brisés, mais on pouvait entendre le bruissement de la source Pirina tel que l’entendit peut-être Œdipe lui-même il y a des milliers d’années. J’etais venu là avec trois de mes amis et j’étais frappé par le spectacle enchanteur de ce lieu antique où vie et mort s’entremêlent quand je vis soudain, surgissant des brumes et sur le fond des colonnes corinthiennes, et s’approchant de moi, une déesse. On ne saurait décrire cela autrement. Jeune, élancée, vêtue d’un chiton bleu, elle semblait flotter vers moi hors du brouillard matinal, belle comme seules sauraient l’être des déesses ou des fictions de l’imagination avec sa chevelure d’or épandue sur ses épaules. J’étais bouche bée face à cette vision
Tous droits eserves:
Gabriel Bensimhon
Tel Aviv University
Department of Cinema and T.V.
Home: 11, Itzhak Sade St. Zichron Yaakov, Israel
Blog: http//:moledetzesex.blogspot.com
Origin: “Ya lghadia blkmoun, ya ragea bzatar, histories d’amour marocains”
(Holechet im kamoun, hozeret im Zaatar)
Hakkiboutz Hameuchad Editions, Tel Aviv
יום ראשון, 28 בפברואר 2010
La seule rousse de la ville
Contre la beauté de Zkora, on ne pouvait rien. Elle avait des yeux de braise, des cheveux d’un roux flamboyant et des taches de rousseur provocantes. En un lieu où l’on mariait les jeunes filles à l’âge de dix ou douze ans, Zkora, jeune vierge de quatorze ans, la seule rousse de la ville, avait l’air d’une terrible prédatrice.
Ne savait-elle pas que la ville entière s’embrasait ? Que ses boucles envoyaient leurs langues de feu à tout va, que chacune de ses lumineuses taches de rousseur était un appel au péché ?
C’était en effet la seule façon de comprendre pourquoi elle jouait tranquillement à la marelle, à la corde et à cache-cache, dans la ruelle où elle habitait, près de la synagogue. Elle riait et courait en tous sens en chantonnant, comme si elle ignorait qu’elle répandait son parfum virginal parmi les fidèles innocents, lesquels, avant de passer devant l’Arche sainte, étaient soudain pénétrés de l’odeur de tous les fruits de saison et adressaient alors une prière au « Créateur de tous les parfums ».
C’est pourquoi la synagogue « Essla delhaham » était toujours pleine à craquer. Les fidèles se relayaient toute la journée. On se pressait aussi à l’office de minuit car dans la chevelure de Zkora, le soleil brillait même la nuit.
Le jour de Kippour était particulièrement pénible pour les hommes, lorsque, vêtue de blanc, elle était assise tout près de l’entrée de la synagogue, tenant en main, comme c’était la tradition, un beau coing odorant, le plus gros de toute la ville, piqué d’épingles multicolores et de clous de girofle, et enveloppé d’une mousseline de soie transparente. Tous ceux qui passaient le seuil de la synagogue s’enivraient de cette odeur et voulaient la piquer d’un clou de girofle ou d’une épingle qui diffuserait encore mieux ses parfums, et commençaient ainsi le saint jour de jeune par des hallucinations.
Mimoun Attia, élève de la yeshiva, raconta qu’un certain jour de Kippour, il l’allongea telle un rouleau de la Torah et la déshabilla comme on déroule le Livre. Yehuda Siboni, le fils du chantre, décrivit comment elle vint se placer nue sous son talith au moment de la bénédiction « Birkat Cohanim ». Yeshoua Barouh, le gendre de l’officiant, révéla qu’il la trouva cachée entre les livres de la Torah lorsqu’il ouvrit l’Arche sainte.
Pour les malheureux élèves de la yeshiva, elle représentait plutôt Lilith qu’une naïve et inoffensive jeune fille à marier. Elle était si majestueuse et puissante et menaçante. L’esprit du mal était tapi dans sa chevelure flamboyante qui ressemblait à distance au buisson ardent qui brûle sans se consumer.
Dans les pages de la Bible et du Talmud, elle prenait à leurs yeux la place de Bethsabée, Mihal, Brouria, Tamar, mais en tant que Zkora, elle semblait trop imposante et vorace et trop impulsive aussi pour que quelqu’un demandât sa main. Il était possible qu’elle n’intéressât pas les jeunes gens car elle était pauvre. Sa mère était lavandière et personne n’avait oublié ce qui était arrivé à son père. C’était un marchand ambulant qui, comme tant d’autres, allait vendre ses articles de mercerie dans les villages du sud. La dernière fois qu’il partit, ce fut avant sa naissance et il ne revint pas avant qu’elle eût cinq ans. Il fit alors son retour en ville attaché à la selle de son âne, et sans tête. C’est ainsi que Zkora vit son père pour la première fois. Mais, nombreux à prétendre que ça n’était pas son père, ils étaient convaincus qu’il vivait dans le sud avec une Arabe et qu’il avait envoyé son âne avec le corps d’un autre pour libérer sa femme des liens du mariage. C’est du moins ce que crut rabbi Ovadia qui n’accepta pas le témoignage de l’âne.
Vint un temps où presque chaque soir, Zkora se revêtait de la robe de mariée de sa mère, brodée à la mode de Tafilalet. Tard dans la nuit, lorsque tout le monde dormait, elle sortait se promener dans les ruelles vides, parcourait seule le chemin des mariées, sans invités et sans orchestre.
La femme du rabbin s’en prit plusieurs fois à elle. Elle n’avait pas de preuve que Zkora provoquait son mari, mais quelque chose se passait dernièrement chez l’honorable rabbin Ovadia. Il était trop empressé auprès de sa femme, montrant un désir ardent et insatiable. Et combien de temps l’honorable rabbin pourrait-il résister à la tentation ? Ne franchissait-il pas le seuil de la synagogue quatre ou cinq fois par jour ? Il baissait bien les yeux pour ne pas la voir, mais comment se protéger de ses parfums et de sa voix rauque et rieuse ? Il ne pouvait pas non plus lui fermer les portes de ses rêves. D’ailleurs, n’envahissait-elle pas les rêves de tous les hommes de la ville de Sefrou sans demander leur permission ou celle de leurs femmes ? Elle avait entendu de ses propres oreilles son mari murmurer dans son sommeil : « Ah, Zkora ! Zkora ! » Elle invita donc l’honorable rabbin à l’éloigner de sa ruelle. Qu’elle aille jouer ailleurs. Mais comment était-il possible de l’empêcher de se tenir près de la fenêtre et d’écouter les chants et les prières ?
On avait sommé les élèves de la yeshiva adjacente de ne pas la regarder. Ils s’approchaient donc du seuil de la synagogue en cachant leurs yeux de la main. Cela n’était pas toujours suffisant. Parfois elle se moquait d’eux, les regardait de bas en haut, malicieusement, et ils se dépêchaient d’entrer en respirant profondément ses parfums. Au moment de la lecture du «Shema » , lorsque l’on ferme les yeux, ils jetaient un coup d’œil entre leurs doigts pour voir si la flamme éternelle brûlait toujours dans ses cheveux.
Même le maitre de la yeshiva fut débordé par son désir, et c’est pourquoi on le vit un jour, vêtu de noir, bondir à l’extérieur, et courir vers le cimetière pour calmer ses passions.
Sa beauté était célèbre aussi au-delà des portes du mellah. Sa voix et ses couleurs avaient pour ainsi dire brisé les remparts et les Arabes trouvèrent divers prétextes pour s’introduire dans sa citadelle royale – la ruelle de la synagogue –, afin de lui voler une étincelle qui leur servirait à allumer le feu chez eux.
Elle riait et plaisantait avec les jeunes Arabes, ils blaguaient avec elle en toute liberté et sa vivacité ne cessait de s’aiguiser.
Dans la communauté de Sefrou, personne n’osait l’affronter. On voyait en elle un dragon crachant du feu que seul un fils de géants des montagnes ou quelque djinn audacieux pourrait combattre. Rien d’étonnant à ce que ce fût finalement un Arabe qui la séduisit et lui fit quitter le quartier juif. Elle le suivit chez ses parents et l’épousa.
Le calme revint enfin dans le mellah. Même l’épouse du rabbin s’apaisa. Mais tandis que les femmes de la ville se réjouissaient, les hommes pleuraient en cachette et se lamentaient. De la synagogue « Esla delhaham » s’évaporèrent goûts et parfums.
Tous les chabbat, quand Zkora entendait les chants liturgiques, « Ygdal Elohim Hai», « Adon Olam Acher Malah», elle était sur le point de rendre l’âme.
A Roch Hachana, le schofar l’appelait et la suppliait de revenir à la maison, et elle fondait en larmes.
La dernière sonnerie du schofar, à la fin de la journée de Kippour lui brisait le cœur plus que toute autre chose. Elle lui rappelait le beau coing odorant, avec tous ses clous de girofle, qui répandait son parfum dans la ville entière. Et un jour, au moment où l’une de ces sonneries retentit, elle bondit le cœur battant et courut, courut à en perdre haleine jusqu’au mellah, retournant chez elle.
Selon les règles du lieu, il n’y avait pas de retour possible au sein de la communauté pour une juive convertie à l’islam, à moins qu’on ne lui versât une cuillerée de plomb bouillant au fond de la gorge. Bien que Zkora fût prête à affronter le plomb, les femmes s’opposèrent à son retour. Mais les hommes de la ville allèrent trouver le rabbin afin qu’il instaure de nouvelles règles. « Nous sommes obligés de l’accueillir », affirmèrent-ils avec insistance. L’un d’entre eux, Shimon Siboni, qui après vingt-et-un ans à la Légion étrangère était revenu dans sa ville, osa même s’exprimer ainsi : « Que nous voulez-vous ? Laissez donc cette jeune femme revenir chez elle, pour que nous, les hommes, ayons au moins de quoi nourrir nos rêves ».
Peu de temps après son retour, Zkora partit avec tous les habitants de la ville pour la Terre d’Israël. A bord du bateau d’immigrants illégaux, le « Yehouda Halévy », elle rencontra son futur mari, un de ses anciens voisins. Elle se rendit avec lui à Sdérot, à l’époque où la ville n’était encore que sable et désert, et là-bas, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.
יום שני, 9 בנובמבר 2009
La derniere mort de l'oncle Berto
Par Gabriel Bensimhon
Oudi trali nktbou frras/ namlou hdita unaudou lnnas/
Unrani flbhor elash ella nkdr/ Elaroush msha uma bka ghir elmrsoum/
Hani mashia elbab dari ntbaka/ usshit elmndba aliya/
Yana Mashia min rish errish uma chllit di yamal alya kadish….
Cette première mort en Israël les a surpris ; peut-être pensaient-ils qu’ en Terre d’Israël la mort n’avait pas d’emprise, mais ils sont tous là, assis autour de la table, tambourinant de leurs doigts au rythme des lamentations :
Oudi trali nktbou frras/ namlou hdita unaudou lnnas/
usbouh esbah utrtkou eluah/ ulkbr ezdid ma zbrtlou nfftah/
Azi eldarek daba ualash thliha/ wila za errih utiih swariha/
Uhaidak tkoun eshafia fiha
Et c’est le Mellah avec ses échos qui soudain revient à Haïfa, mais aulieu de se répercuter des
Le temps passe. Alors que nous sommes assis autour de la table pour le petit déjeuner, on frappe à la porte. Le facteur entre avec encore un télégramme de Holon. Le même télégramme exactement : ’’ Berto votre frère est décédé. Venez vite. Signé : Sa femme Yito.’’ Il n’a pas d’idée neuve ?’’ plaisante Sultana et continue a éplucher des pommes de terre. Tamo, sa sœur dit qu’il y a longtemps qu’elle le lui a préparé son repas funéraire et que s’il veut mourir, qu’il meure. Sa mère déchire le télégramme et le jette au panier en déclarant : ’’ Mon fils a perdu l’esprit’’.
Et pourtant, tous se trompaient et pour le ’’trentième jour’’ ils retournèrent à Holon pour, cette fois, pleurer vraiment sur sa tombe.
Traduit de l’hébreu par Victor Tordjman, Souccot 5770/ Octobre 2009
יום שלישי, 3 בנובמבר 2009
L'Ascension de Saada au ciel
L’Ascension de Saada au ciel.
Par Gabriel Bensimhon
Elle était belle, trop belle pour se marier. Ses sœurs, toutes les six, avaient mis au monde des enfants, mais elle etait pousse comme un dattier, grande aux yeux verts. Les garçons du Mellah de Aït-Boulli qui avaient demandé sa main furent éconduits des l’abord et les autres n’osèrent plus. Tant il est vrai qu’il était difficile de l’imaginer avec un simple mortel ; alors elle, qui s’attendait peut-être a quelque dieu ou pour le moins quelque prince, lasse d’écouter les propositions de mariage que lui soumettaient ses parents, ramassa un jour le peu de vêtements qu’elle possédait et quitta le village. Elle s’éloigna jusqu’aux confins du désert, et là-bas, dans l’une des falaises qui surplombent la vallée du Draa elle découvrit une petite grotte et coupa les liens avec son monde. Lorsque le soir elle revenait de la rivière, avec sur la tête une cruche d’eau ou une brassée de branchages, les bergers et les caravaniers pensaient voir une déesse et s’arrêtaient pour admirer, ravis, cet être miraculeux qui était comme un palmier en marche. D’aucuns parmi les hommes qui avaient tenté leur chance auprès d’elle essuyèrent un rejet serein, d’autres , refusèrent de voir cette divine beauté gaspillée et plantèrent leur tente près de chez elle, attendant qu’un miracle se produise et qu’elle leur adresserait un sourire. Petit a petit les tentes devinrent des maisons de pisé, puis des casbahs, les hommes épousèrent des montagnardes, rêvèrent d’elle et engendrèrent des enfants, plantèrent des vignes, creusèrent des canaux d’irrigation, installèrent des moulins sur la rivière ; les dattiers, la vigne, les figuiers, les grenadiers remplirent la vallée qui devint une coulée verte plantée comme un couteau dans le cœur du Sahara. Aït Bougmez fut le nom donné à cet endroit ou elle était assise la, les bijoux de cuivre sur le front, herborisant ses plantes médicinales, murmurant ses incantations, chassant maux de tête et maux de ventre, exorcisant les esprits, les démons et les obsessions, si bien que son nom se répandit dans tous les villages de l’Atlas.
Une nuit qu’elle était étendue, les yeux ouverts, sur sa couche solitaire, elle vit un serpent. Il était grand et noir. Sa queue près de l’entrée et sa grande tête aux yeux étincelants à côté de sa tête à elle.Il darda la langue, sentit l’air autour d’elle, caressant presque son oreille. Elle n’eut pas le temps d’avoir peur ou de comprendre ce qui lui arrivait quand elle le vit ressortir en rampant comme il était venu. Depuis, chaque nuit avant d’ aller dormir, elle prit l’habitude de casser deux œufs frais dans un bol de grès qu’elle déposait par terre à son chevet et il venait, avalait les oeufs , faisait sept fois le tour de son lit, humait l’air près de son corps et s’en allait. Parfois elle le voyait au travers des voiles du sommeil, luisant et musclé. Elle savait qu’il est des gens qui entourent leurs corps de serpents, s’étreignent, se caressent et s’embrassent mais elle n’osait pas le toucher, ni lui elle. Il y eut des nuits ou leurs regards se croisèrent créant une tension entre eux, mais il baissait le regard le premier et partait.La rumeur se répandit, - personne ne sut comment,- que Saada vivait avec un serpent. D’aucuns même disaient avoir entendu, répercutés par les parois de la grotte, des échos d’amour tempétueux. Et certains affirmaient- ni plus, ni moins- avoir vu la prêtresse s’unir au serpent et dévoiler ses seins devant lui.
Elle était la dernière à entendre l’arrivee du Messie. Quand les deux enfants, fils de sa sœur, lui annoncèrent que le Messie était venu dans leur village, elle laissa-là le couscous qui fumait et courut après eux, pieds nus, jusqu’au village qui avait déjà tout chargé sur des ânes. Les derniers étaient encore entrain d’ôter des mézouzot des maisons et d’envelopper les rouleaux la Torah et a les lier avec des cordes sur le dos des bêtes.Une procession d’ânes chargés d’enfants et de parchemins de la Loi sortit du village, se joignit à des processions venant d’autres villages et s’y fondit. Et les voisins arabes, le long du chemin, de part et d’autre, embrassent les émigrants et écrasent une larme. Et c’est ainsi, avec une seule robe sur elle, celle sur laquelle était brodée la vallée verte, que Saada arriva au Mochav Otzem dans le Lakhich.Là, en plein désert aucune plante ne poussait. Aucune bête ne se voyait à l’entour, ni abeille, ni papillon ni oiseau ni serpent.Mais les instructeurs de l’Agence Juive s’emparèrent de la région désolée et, comme par magie, avec la moitié d’une vache et un demi cheval ils en firent un paradis. Ils prirent également les femmes et les enfants pour le travail et, parmi eux, la prêtresse de Ait Bougmez qui aida au ramassage des concombres, des tomates et des pommes de terre. Jour après jour elle rentrait chez elle le visage brûlé par l’ardent soleil et des ampoules a ses mains de soie. Ce n’était pas facile pour elle de s’accoutumer à ce nouvel endroit. Les maisons blanches aux toits rouges, se ressemblaient tant que plus d’une fois elle avait eu du mal à retrouver son logement et dut demander à des enfants de l’aider. Un jour qu’ elle essayait de tourner sa clef dans la serrure un homme inconnu ouvrit la porte et, soupçonneux, lui demanda ce qu’elle voulait. Une autre fois elle ouvrit la maison, s’assit à la table de l’Agence et mangea quelque chose dans une assiette de l’Agence quand un homme étranger, en caleçon, sortit de la chambre et lui fit remarquer qu’elle mangeait son repas, à lui. Les gens de Otzem étaient heureux que Saada, la prêtresse de la vallée, se trouvât parmi eux. Les vieux croyaient que la floraison rapide lui était imputable. Les jeunes par contre attribuaient cela aux instructeurs de l’Agence et aux tracteurs. Ils étaient emballés par le miracle du tracteur ; ils le montaient et le conduisaient au loin, labourant le désert jusqu'à l’horizon. Il semblerait que le tracteur avalât de la terre brune à l’avant et la restituait verte à l’arrière. Eux, dont les pères avaient été ferbalantiers, bijoutiers, cordonniers et tailleurs s’étaient mués soudain en magiciens, manipulant charrues et faucheuses, déplaçant tuyaux et dispositifs d’arrosage et disant à la pluie où tomber et quand. Les instructeurs de l’Agence, cheveux clairs et de kaki vêtus, réussirent même a faire pousser de grandes tomates rouges en plein hiver, à faire pondre les poules blanches deux fois par jour et qu’une seule vache donne autant de lait que dix. A Saada leur magie apparaissait plus forte même que la sienne ; il est vrai que les œufs n’avaient pas le goût d’œufs, le lait n’avait pas le goût de lait et les fruits et les fleurs n’avaient aucune odeur, mais elle pensait que c’était elle qui avait perdu les sens de l’odorat et du goût. En peu de temps les champs se couvrirent de verdure. Les cris de nourrissons, le meuglement des vaches et le caquètement des poules remplirent l’air et des papillons, des abeilles et des criquets arrivèrent aussi et un jour elle rencontra même un serpent … C’était un petit serpent de couleur claire, qui surgit de derrière des buissons, ondula en travers du sentier et lui coupa le chemin. Il n était pas noir et ne se dressait pas, comme son serpent d’ Aït Bougmez a l’antique majesté. Elle le fixa un moment et s’attendait à ce qu’il parte mais il ne bougeait pas. En général il lui suffisait de le vouloir pour que les choses arrivent. Cette fois le serpent ne recevait pas sa volonté. Elle fit un pas en avant pour signifier son intention, mais au lieu de reculer le serpent avança la tête vers elle, menaçant. Elle décida de murmurer une formule pour situations de détresse et chuchota trois fois ‘’Amtelaï bath Ourvata’’, mais le serpent sortit sa langue comme pour se moquer d’elle.Qu’arrive-t-il ? Qu’est-ce qui s’était détraqué ? Elle décida d’avancer mais le serpent jaillit dans sa direction et elle n’eut d’autre choix que de se servir de son bâton. Elle le saisit au cou et le cloua au sol.Ils n’étaient guère nombreux, à présent, ceux qui avaient encore besoin de ses conseils. Ils étaient si occupés à défricher les terres et à faire fleurir le désert qu’ils n’avaient pas le temps d’etre malades. Qui tombait malade allait au dispensaire; le médecin y soignait avec succès des maladies dont on ignorait même jusqu’à l’existence, et les instructeurs de l’Agence guérissaient bêtes et plantes avec le pouvoir de sorciers d’antan. Les instructeurs de l’Agence ne cessaient de prêcher, jour après jour qu’il n’y a plus de place pour la foi, que les versets et les incantations étaient morts. Que les proverbes et les exorcismes, les philtres et les bâillements n’avaient plus droit de cité, que le ciel est vide et que tout se trouve sur terre, y compris le paradis, Dieu et la Caisse Maladie. Au début sa réputation la précédait dans tout le pays et les habitants de Otzem étaient fiers qu’elle leur appartienne. Des personnages importants et des membres actifs de l’Agence, et du gouvernement qui venaient voir par eux-mêmes la grande réussite de Otzem ne manquaient pas de la rencontrer également, lui serraient la main et lui montraient beaucoup d’honneur. Au cours de l’une des campagnes électorales, arriva chez elle un duo d’activistes, chaussés de sandales et de kaki vêtus, avec un grand bouquet de fleurs, accompagnés d’une suite de photographes, de journalistes, de membres du parti et du président du Conseil Local. Ils firent appel à ses sentiments et insistèrent : vous serez notre première députée à la Knesset. Elle n’avait aucune idee de quoi il s’agissait, mais elle ne pouvait refuser et signa la feuille de candidature d’une empreinte digitale. On la photographia au volant d’un tracteur, trayant une vache et préparant un couscous. Ensuite ils la firent monter sur une estrade, la firent asseoir au centre, entre eux et le président du conseil local et lui tendirent un microphone. Elle ne savait quoi dire, et se contenta d’un large sourire, ouvrant ses bras comme deux branches de palmier. Sa photo parut dans les premières pages du journal et, à ses côtés, au premier plan, les deux activistes. Sauf que,- quelques mois plus tard,- juste un ou deux jours avant les élections, les activistes vêtus de kaki revinrent et lui firent signer un autre formulaire qui s’avéra plus tard, après les élections, être un papier de désistement de sa candidature en faveur de l’un d’eux. Un des instructeurs de l’Agence tomba amoureux d’elle. Il venait après sa journée de travail et restait debout toute la nuit sur le chemin face a l’entrée de sa maison. Elle devait avoir l’âge de sa mère, mais elle se tenait encore très droite et surprenait par son allure. Six mois durant il se tint ainsi debout, silencieux, face à sa porte fermée, jusqu'à ce que,- au début de l’hiver, alors qu’il était trempé jusqu'à la moelle des os,- sa mère le rejoignît, un parapluie à la main, et abrita son fils. Saada ne pouvait plus refuser, elle sortit vers eux et, sous le parapluie comme sous un dais nuptial elle mena la paire au conseil local où on leur fit une modeste noce avec la participation du rabbin local et des membres du conseil. Sur le chemin vers la maison, un serpent jaillit et piqua le marié qui tomba et ne se releva pas. Et au lieu du domicile conjugal c’est au cimetière que les invites l’accompagnerent. Peu de temps après des quintes de toux commencèrent à l’affliger qui épuisaient toutes ses forces. Elle se composa toutes sortes de remèdes, massa son corps avec des huiles de plantes qu’elle ramassa dans les champs et inhala les vapeurs d’extraits de fleurs mais sa respiration allait en se raccourcissant et plus d’une fois elle manquait étouffer.Un de ses admirateurs habitant Sdérot, la prit chez un médecin réputé. Son ami, chauffeur de taxi, lui avait raconté qu’il l’avait guéri de l’asthme en une semaine. Le grand médecin lui donna de petites fioles avec des poudres de diverses couleurs et lui ordonna de prendre la poudre jaune à une heure et quart du matin avec un demi verre d’eau de Seltz et la rouge a trois heures et demie avec un quart de verre d’eau gazeuse et ainsi de suite ; elle rentra chez elle pleine d’énergie. Ils sont plus forts que moi, se dit-elle, jamais je n’aurais pu, moi, promettre la guérison à une date. Mais le chef des instructeurs de l’Agence ricana : vous avez, à l’évidence, affaire à un charlatan car il est bien connu qu’il n’y a pas de remède contre l’asthme et s’il existait la Caisse Maladie le saurait ; et il s’assit et écrivit une lettre courroucée au directeur du Ministère de la Santé Publique dans laquelle il racontait l’histoire, détaillait les médicaments, et conclut par des questions : ce médecin est il réellement médecin, les médicaments sont-ils des vrais médicaments, le prix est-il abusif et enfin est-il possible de guérir l’asthme en une semaine ? Apres quelque temps il reçut une réponse qu’il lui lut, tandis qu’elle étouffait: le médecin est médecin, les médicaments sont des médicaments, le prix est fonction de l’offre et de la demande et a la question de savoir s’il est possible de guérir l’asthme en une semaine, le réponse est oui, si on a la foi. Comprenez-vous ?! La foi ! Le directeur du Ministère de la Santé est lui-aussi un charlatan s’il prête foi à la foi, et il jeta les médicaments qu’elle avait reçus.Sa respiration se faisait plus courte de semaine en semaine, elle s’épuisait en attaques successives jusqu'à ce qu’elle dut s’aliter. Même alors on vint encore en pèlerinage chez elle. Ce furent surtout de vieilles femmes de son village natal qui se rappelaient qu’elle était une déesse, une véritable sainte, qui tirait ses forces de la Terre, de Arbres, des Etoiles et de Fleuves et qu’elle avait le pouvoir de transmettre ces forces a leurs descendants incurables par un toucher de la main, par la voix, en un regard. Elles s’asseyaient près d’elle, entendaient ses gémissements, lui essuyaient les glaires avec des serviettes, lui adoucissaient la vie avec du thé à la menthe et plongeaient leurs regards dans ses yeux verts ou elles voyaient d’antiques rois et prophètes de temps lointains et miraculeux. Elles savaient qu’elle descendait d’une lignée longue et ancienne de Gens de Dieu, des dieux et des magiciens qui existaient dans la nuit des temps, et qu’elle savait ce que nul autre humain ne saurait jamais, qu’elle était la femme qui parlait avec les fleuves et les mers et les forets dans un langage secret et des langues mystérieuses que personne dans le Mochav Otzem et nulle part ailleurs dans ce nouveau pays ne connaît ni ne comprend. C’est pourquoi elle pleura tant lorsqu’un jour une vieille qui l’avait connue dans la vallée du Draa lui amena son petit-fils de six ans, brûlant de fièvre. Elle déplia à son habitude son foulard de tête brodé pour faire ‘’Essane’, l’entortilla pour en faire une sorte de corde et se mit à le mesurer du pouce à l’auriculaire et à y faire des nœuds tout en chuchotant « Vihi Noam » et à bâiller et bâiller ; habituellement le malade se mettait à bâiller avec elle et sortait ensuite bien-portant pour retourner chez lui. Cette fois l’enfant ferma la bouche et ouvrit les yeux pour ne plus les fermer. Elle n’accepta pas qu’il fût mort et continua à le bercer dans son giron toute une journée jusqu'à ce qu’on le lui prît de force pour l’enterrer.Petit a petit elle comprit qu’il y avait quelque chose dans l’air de ce pays qui agissait a son encontre et limitait ses pouvoirs et une fois elle fut même effleurée par la pensée que peut-être il lui semblait seulement qu’elle avait eu des forces particulières, que les gens guérissaient en fait d’eux-mêmes, naturellement, et qu’elle s’en attribuait le mérite, elle pensait : peut-être, en vérité, toutes ces herbes et ces versets et toutes ces pratiques, apprises de la grand-mère de sa grand-mère sont-ils sans valeur et dénués de toute signification.
Parfois lui venait la pensée qu’il lui arrivait ce qui arrive à de grands dieux,-comme lui racontait son arrière-grand-mère,- que l’on ne peut vaincre à moins de réussir à les soulever et à les détacher de terre. Il faut tout oublier et commencer à tout examiner. Rien, réellement, n’a existé. Ni la vallée du Draa, ni les palmiers, ni les figuiers, ni les oliviers. ni la grande trace verte qui coupait le désert comme un couteau, ni tous ces hommes qui l’aimaient et eleverenet une ville, ni les femmes et les enfants qui leur naquirent, ni les chevres, ni les fleurrs, ni les etoiles- tout n’est que vaine fantaisie. Elle n’était pas une déesse de fertilité et de guérison mais simplement une femme comme toutes les femmes. Le serpent, lui non plus, n’a jamais existé et n’a été qu’un rêve.Sans trop réfléchir elle se mit à lui déposer comme jadis deux œufs frais dans une coupe à côté de son lit. Elle était profondément endormie quand, au cours d’une de ces nuits, il apparut. Le Serpent Noir d’Aït Bougmez. Il fit irruption par l’ouverture, ses anneaux derrière lui, s’approche d’elle, se dresse et darde sa langue, la regarde avec un air courroucé comme s’il lui reprochait ‘comment l’avait elle abandonné sans prendre congé ‘, ondule de la langue, lui chuchote à l’oreille comme s’il l’appelait par son nom pour la réveiller, peut-être pour la sermonner quand soudain elle ouvrit les yeux, incrédule. Aucun doute, c’est lui. L’énorme serpent noir. Comment est il arrivé là ? Comment a-t-il su la trouver ? Ses grands anneaux muscles le propulsent rapidement et il se tient à son côté, plein de vitalité et debout, tâtant de sa langue l’air près de son nez. Elle, non seulement le regarda sans aucune crainte, mais un sourire se forma sur son visage lorsqu’elle le vit se glisser sous ses draps, se lover sur son corps sous ses vêtements, aller et venir sur sa peau lisse en un contact évasif, léger et presqu’ aérien. Elle n’avait encore jamais, de sa vie, éprouvé une telle caresse totale, simultanée sur tout son corps, comme si une main géante aux mille doigts, d’amour et de désir, se trouvait en même temps sur son dos, son ventre, sur son cou, son visage, ses hanches, ses seins, ses fesses et ses cuisses. Il lui semblait qu’il luttait avec elle et se jetait sur elle pour la déchirer, se transformait en corde et s’enroulait autour d’elle et se resserrait ; l’instant d’après elle sentait qu’il la cajolait en un contact délicat et à peine effleuré, courant sur son corps comme une brise, fuyant, léger et lourd, à la fois présent et absent. Il avalait des distances sur son corps, calme et concentré, courait et se répandait sur elle, devant, derrière, aller et retour jusqu'à ce qu’il n’y eut plus la moindre partie de son corps qui n’eut senti la chaleur, le courant, l’excitation, le chuchotement, le lapement et la caresse glissante, comme si elle recevait en une seule nuit, en une seule portion concentrée, son dû d’amour d’une vie entière, et elle fut emportée à de grandes distances d’un plaisir tel qu’elle n’en avait jamais connu, et elle revoyait d’un bout du monde a l’autre la vallée du Draa et la rivière du Ziz avec ses eaux vertes et les palmeraies de dattiers, et elle voyait le couteau vert qui tranchait le désert, et il lui revint tous les parfums de fleurs et de fruits de son enfance et de sa jeunesse, l’odeur de la rose et du lis, de la pomme, la poire et de la cerise, et soudain elle sentit un coup de marteau entre ses cuisses qui arriva jusqu'à sa gorge et un cri de douleur et de plaisir s’échappa de sa bouche et ses yeux se dessillèrent subitement pour voir le ciel s’ouvrir et elle s’y éleva sur un serpent ailé.